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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 00:00

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L’hymne 31

la mer est lourde
les arbres malades des naissances
Seigneur le suave chaos
nous est encore donné

la terre est transparente
vers le Nord pend le ciel
croît en nous l’amère
famine d’âme

des cloches montent dans les dômes
sous un crépuscule adamique
l’horizon se couche en nous
gronde la douleur

oiseaux bienheureux le son
flétri qu’ils le portent
vers les peupliers de chair
crucifiés en douceur

nous remontons la pluie en volées
pour te connaître l’arche
absorbée par le plafond de ténèbres
remémorantes

tombent des holothuries sur la lune
dorment les pierres souriantes
où je te cherche grince
la bascule de la mort

la vallée est surveillée
l’esprit arrondi des eaux
des troupeaux de montagnes s’y noient
ivres de commencements

la mer est lourde de nuit
les arbres brûlent dans le sang
Seigneur le suave chaos
tu te l’es encore donné



  *
*   *

au-delà de tout
de toute chose en deçà
au-delà  de la mort  en deçà

les hypographes
aux pattes de miel
ont explosé
sous le crépuscule



L’hymne 40


rai de sommeil entre les ruisseaux et les peupliers
aiguilles d’anguilles parmi les heures déterminées
savoir oublié en chemin ajournement profond
de la mort qui va et vient à travers le paysage
de fumée les eaux douces et salées dans le lointain
astral bonne leçon du balancier noir.
oubli remémoration oubliée. perdure sans doute
seule la fragrance de l’eau reclose
et de la brise fendue au passage
les lèvres soudées dans la lymphe du sommeil
le fleuve des pays transfigurés
avec ses rives en arrière se repliant
de glissement en glissement
scindées et mirées dans les bris
gardien des accouplements des traces
nommé et exilé par la parole
et par le regard prématurément retourné
vers les convalescences du chemin de la chair
persévérances et années du manège liturgique
le frisson du retour à la noce
jaillissement et vive palpitation de l’égorgement
la braise du chemin qui porte vers la chemise
tendre et vorace de la déesse



  *
*    *

ta solitude tu la passes
d’orme en orme à celle de la forêt
dynasties d’aveugles patients
l’épiderme des feuilles s’amincit
jusqu’à la claire vue
il suffit d’une poignée de terre
et d’une flamme peut-être
surgie de la tempête de neige
de tes cheveux



  *
*    *

le tourbillon
du trou noir
à l’affût

dérive

l’essaim des éons
simple amalgame
pour nos miroirs ?

être à l’affût   mais   pour apprendre
des entonnoirs renversés dans le vide
les noms de nos fronts
que dans le rite contraire
d’autres comme toi les enferment



l’hymne 75

tu ne viens pas : tu es. loin
est ton chant ici où de près
les cascades ne sont que les cascades
les eaux des cloches qui frappent
le visage que personne ne voit
avec des sons et dans l’air le linceul
l’image que les rétines couchent
sur les feuilles des arbres. tu es.
tu ne viens pas. tu es seulement toi
le lointain de toi en toi : ici
le silence est ton autel et l’autel
est une chute d’eau souvenance
d’une région lissée par l’amour
où des montagnes tardives à peine
si elles lèvent leurs genoux de sous les champs
fertiles comme des tombeaux. tu n’es pas :
tu viens à l’être. tu n’es pas :
tu le sais et je te rassemble de l’étendue
de tout ce qui se déploie pour moi
comme une nappe sur une table
pendant la cène avec du pain
et du vin et la foi tranchée :
face à face assis tu ne goûtes
à rien tu es le goût du puits
d’où je sors les anciens âges
du chant vivant pour rester
vivant en toi et passer :
tu ne mords que dans toi quand tu mords
les eaux serrées qui chutent et battent
dans la région sans étendue du bronze.
nous sommes notre propre cloche : toi
le vide qui se voûte sur le plein
moi le plein qui porte son glas
dans le vide et tu es mon visage toi
visage refusé de celui qui n’est pas et le front
tu me le tends dans la profusion
de nuages de ta chevelure ombre courbée
sur la profondeur du puits : tout n’est pas toi
mais toi tu es tout pour moi et la lumière
ramifiée de ta figure dépose
son marc de feu sur le feuillage frémissant
de la rétine : tout est toi. mais toi  tu n’es pas
tout jamais tu n’es au-dessus de tout
et dans toutes les choses tu te divises
sans diminution toi-même ailleurs
et chez toi dans toutes les choses toi en tout mais
jamais tout : offre-moi la sécheresse
de mon absence en toi maintenant
lorsque tu diffères mon extinction et tu m’exhortes
à me coucher dans la poussière comme dans ton corps
toi face incarnée de celui qui n’est pas :
tu es : moi je suis ton passage
et tu viens : tu n’es pas. tu viens :

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Published by Seine & Danube - dans DE LA POESIE
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  • : Seine & Danube est la revue de L'Association des Traducteurs de Littérature Roumaine (ATLR). Elle a pour but la diffusion de la littérature roumaine(prose, poésie, théâtre, sciences humaines)en traduction française.
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Parutions récentes :
•Mircea Cărtărescu a réécrit son mythique poème Le Levant en l’adaptant partiellement en prose. Nicolas Cavaillès s’est attelé à la tâche, les éditions POL l’ont publié : il est paru en décembre dernier.
•Le recueil de poèmes de Doina Ioanid est enfin en librairie. Boucles d’oreilles, ventres et solitude, dans la traduction de Jan H. Mysjkin est paru en novembre aux éditions du Cheyne.
Esclaves sur Uranus de Ioan Popa est paru début décembre aux éditions Non Lieu dans la traduction de Florica Courriol. Le lancement, en présence de l'auteur, le 11 décembre à la librairie l'Âge d'Homme a rencontré un beau succès. A lire, un article dans Le Monde des Livres, dernier numéro de décembre 2014.
L’anonyme flamand, roman de Constantin Mateescu est paru en décembre aux éditions du Soupirail, dans la traduction de Mariana Cojan Negulescu. Suivez les déambulations du professeur taciturne dont c’est l’anniversaire : le roman retrace cette journée de sa vie entre réflexions et souvenirs de sa femme aimée.
• Max Blecher eut une vie très courte mais il a laissé une œuvre capitale. Aventures dans l’irréalité immédiate vient d’être retraduit par Elena Guritanu. Ce texte culte est publié avec, excusez du peu, une préface de Christophe Claro et une postface de Hugo Pradelle. Les éditions de l’Ogre ont fait là un beau travail car elles publient sous la même couverture Cœurs cicatrisés, le deuxième des trois seuls romans de cet auteur fauché par la maladie en 1938.
• L’hiver 2014-2015 est décidément très riche en livres exceptionnels : Les vies parallèles, nouveau livre de Florina Ilis, sort le 15 janvier aux éditions des Syrtes dans la traduction de Marily le Nir. Le talent de la romancière fait revivre les dernières années du poète Mihai Eminescu devenu fou. Le roman déploie devant nos yeux toute la société roumaine à travers ce qu’elle pense et dit du poète national utilisé à toutes les fins politiques et idéologiques. Plongez dans la vie de ce poète romantique.
•La célèbre poétesse Nora Iuga a écrit un court roman intense et beau, La sexagénaire et le jeune homme que nous avions annoncé ici. Il est paru aux éditions Square éditeur. A découvrir d’urgence.

 

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L'ATLR, c'est quoi?

L'Association des traducteurs de littérature roumaine (loi 1901) a été fondée à Paris en décembre 2006.  Son objet est de favoriser la diffusion de la littérature roumaine en langue française par tout moyen.  Son siège social est situé à  l'Institut Culturel Roumain de Paris.sigle atlr

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La revue Seine&Danube, nouvelle série, a vu le jour en janvier 2010. Deux numéros ont paru sous la houlette de Nicolas Cavaillès, son premier rédacteur en chef.

Seine&Danube est le résultat du travail de tous les membres de l'association.

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