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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 20:15

 

Un "parcours Noica", deux romans, une nouvelle et un conte pour la rentrée

Avec ses deux numéros par an, en mars et en septembre, toujours le 12, Seine&Danube a trouvé son rythme de croisière. Toute l’équipe des traducteurs s’est largement investie l’an dernier pour présenter avec panache et profondeur la littérature roumaine invitée d’honneur du salon du livre de Paris en mars 2013. Les lecteurs étaient au rendez-vous, les médias français ont largement accueilli les auteurs roumains traduits, les éditeurs les plus attachés à cette littérature se sont sentis confortés dans leurs choix courageux, les autres ont découvert un immense champ littéraire riche et chatoyant. Le tourbillon est passé, nous poursuivons notre travail dans l’espoir de vous faire découvrir de jeunes romanciers, poètes ou essayistes mais aussi de connaître des auteurs méconnus.N6

La seconde livraison 2013 s’attache ainsi à vous présenter le philosophe Constantin Noica. En trois extraits et une analyse brillante par la poétesse et essayiste Marta Petreu, nous espérons vous faire passer le seuil d’une œuvre vaste et complexe. Seul auteur roumain à avoir publié un traité d’ontologie, Le Devenir envers l’Être, Constantin Noica (1907-1987) est aussi l’auteur, entre autres, d’un Journal philosophique et d’une autofiction avant l’heure nous plongeant dans l’univers carcéral du goulag roumain, Priez pour le frère Alexandre. Mais c'est pour mieux nous emporter dans les profondeurs d’une parabole éducative sur les relations maître-esclave. Mal reçu à l’époque de sa publication, car inconfortable dans une société avide de réparation – juste après la chute de la dictature en Roumanie ‒, cet ouvrage posthume contient par exemple une très peu ordinaire prière pour Karl Marx se terminant par « Priez pour the Big Brother » !

Seine&Danube vous invite donc à suivre un « parcours Noica » : Noica et l’utopie de la reconnaissance, texte de Marta Petreu traduit par Florica Courriol permet de découvrir le philosophe empreint de Hegel et de comprendre la portée de Priez pour le frère Alexandre dont nous vous invitons à lire un extrait fort révélateur, traduit par Hélène Lenz.

Ainsi muni de quelques outils, vous pourrez découvrir le concept de la « devenance », une expression des états et du processus du « être » dans une traduction déjà publiée, ce qui est exceptionnel dans notre revue présentant par principe des traductions inédites. Nous remercions à cette occasion les éditions Olms pour cet extrait du livre Le Devenir envers l’être dans une traduction de Nicolas Cavaillès. Enfin, abreuvés d’ontologie, vous pourrez poursuivre la lecture du Journal philosophique dans un extrait traduit par Mariana Cojan Negulesco. Un premier extrait avait été publié en mars 2010 dans notre Numéro 1. En parcourant ces notes prises à Bucarest puis en France courant 1939 (où Noica avait obtenu, comme Cioran, une bourse d’études), le philosophe aborde à plusieurs reprises les idées d’exactitude et de vérité que l’on retrouve débattues dans d’autres de ses ouvrages. Cet extrait est empreint d’impressions françaises, Héloïse et Abélard, Stendhal, Rousseau apparaissent au détour de phrases lapidaires et de réflexions fulgurantes.

*

« Il était une fois, car si elle n’était pas, on ne la conterait pas » : c’est de cette façon belle et inimitable que les contes roumains emportent leurs auditeurs et lecteurs. La Fée de l’Aurore, par le conteur et romancier roumain Ioan Slavici, par ailleurs auteur de magnifiques nouvelles nous parle de forêts de cuivre, d’or et d’argent et surtout d’un enfant volontaire bien décidé à rendre les yeux de son père aussi rieurs l’un que l’autre. Une lecture bien rafraichissante dans la traduction de Faustine Vega.

L’atmosphère est plus sombre chez Florin Irimia, un jeune romancier dont nous publions un extrait du roman Defekt  dans la traduction de Fanny Chartres ‒ le lecteur le comprendra rapidement, il y a quelque chose de défectueux dans la vie du narrateur. A suivre, donc, pour le frisson.

Nous vous proposons ensuite de prolonger le suspens en lisant l’étonnante nouvelle Le Nain et le dictateur signée Constantin Abăluţă et traduite par Jan H. Mysjkin. C’est l’histoire d’un nain doué pour l’imitation. N’en disons pas plus. C’est à la fois poétique et grinçant.

Enfin, c’est avec les garnements fort sympathiques du Feuilleton socialiste de Doru Pop introduit par Monica Salvan que Seine&Danube se refermera… Momentanément. Le temps de trouver encore et encore de nouveaux textes. Le temps de promouvoir encore et encore ces auteurs en lesquels, les uns et les autres, nous croyons.

Il ne nous reste qu’à œuvrer ( !) pour que ces extraits traduits avec précision, choisis et édités avec soin rencontrent leur éditeur et leurs lecteurs. Bonne découverte !

Laure Hinckel

Rédactrice en chef de Seine&Danube

 

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  • : Seine & Danube est la revue de L'Association des Traducteurs de Littérature Roumaine (ATLR). Elle a pour but la diffusion de la littérature roumaine(prose, poésie, théâtre, sciences humaines)en traduction française.
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Parutions récentes :
•Mircea Cărtărescu a réécrit son mythique poème Le Levant en l’adaptant partiellement en prose. Nicolas Cavaillès s’est attelé à la tâche, les éditions POL l’ont publié : il est paru en décembre dernier.
•Le recueil de poèmes de Doina Ioanid est enfin en librairie. Boucles d’oreilles, ventres et solitude, dans la traduction de Jan H. Mysjkin est paru en novembre aux éditions du Cheyne.
Esclaves sur Uranus de Ioan Popa est paru début décembre aux éditions Non Lieu dans la traduction de Florica Courriol. Le lancement, en présence de l'auteur, le 11 décembre à la librairie l'Âge d'Homme a rencontré un beau succès. A lire, un article dans Le Monde des Livres, dernier numéro de décembre 2014.
L’anonyme flamand, roman de Constantin Mateescu est paru en décembre aux éditions du Soupirail, dans la traduction de Mariana Cojan Negulescu. Suivez les déambulations du professeur taciturne dont c’est l’anniversaire : le roman retrace cette journée de sa vie entre réflexions et souvenirs de sa femme aimée.
• Max Blecher eut une vie très courte mais il a laissé une œuvre capitale. Aventures dans l’irréalité immédiate vient d’être retraduit par Elena Guritanu. Ce texte culte est publié avec, excusez du peu, une préface de Christophe Claro et une postface de Hugo Pradelle. Les éditions de l’Ogre ont fait là un beau travail car elles publient sous la même couverture Cœurs cicatrisés, le deuxième des trois seuls romans de cet auteur fauché par la maladie en 1938.
• L’hiver 2014-2015 est décidément très riche en livres exceptionnels : Les vies parallèles, nouveau livre de Florina Ilis, sort le 15 janvier aux éditions des Syrtes dans la traduction de Marily le Nir. Le talent de la romancière fait revivre les dernières années du poète Mihai Eminescu devenu fou. Le roman déploie devant nos yeux toute la société roumaine à travers ce qu’elle pense et dit du poète national utilisé à toutes les fins politiques et idéologiques. Plongez dans la vie de ce poète romantique.
•La célèbre poétesse Nora Iuga a écrit un court roman intense et beau, La sexagénaire et le jeune homme que nous avions annoncé ici. Il est paru aux éditions Square éditeur. A découvrir d’urgence.

 

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L'Association des traducteurs de littérature roumaine (loi 1901) a été fondée à Paris en décembre 2006.  Son objet est de favoriser la diffusion de la littérature roumaine en langue française par tout moyen.  Son siège social est situé à  l'Institut Culturel Roumain de Paris.sigle atlr

L'ATLR a organisé en avril 2008 à Paris les Premières rencontres internationales de traducteurs de littérature roumaine. Ces deux journées d'ateliers ont réuni 17 traducteurs littéraires de 18 pays.

La revue Seine&Danube, nouvelle série, a vu le jour en janvier 2010. Deux numéros ont paru sous la houlette de Nicolas Cavaillès, son premier rédacteur en chef.

Seine&Danube est le résultat du travail de tous les membres de l'association.

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Trésorière: Mirella Patureau